Papa,
Je dois te dire au revoir. Mais prononcer ces mots me parait irréel.
Toute notre vie, on t’a vu avancer comme une force de la nature. Grand, solide, infatigable.
Oui, parfois, ton travail prenait beaucoup de place. Mais ton amour pour nous était intact.
Nous étions tes champions, Que nous gagnions un tournoi de football, un combat de judo ou une simple course entre copains, pour toi nous étions toujours les meilleurs.
Tu étais notre premier supporter. Et nous étions fiers de dire que ce supporter était notre papa.
Tu aimais les gens. Tu aimais parler. Beaucoup parler.
Et surtout raconter des histoires. Beaucoup d’histoires.
Nous avons tous entendu certaines anecdotes des dizaines de fois. Mais à chaque fois, tu les racontais comme si tout s'était passé la veille. Grâce à toi, on a voyagé dans le temps, rigolé, et vécu mille aventures.
Tu aimais aussi les repas de famille, les amis, les fêtes, les grands éclats de rire autour d'une table.
Même à un âge où beaucoup choisissent le repos, toi tu continuais à vivre pleinement, avec quelques siestes pour te ressourcer.
À 90 ans, tu allais encore chercher ton journal en vélo, tu conduisais ta voiture des centaines de kilomètres sans t’arrêter, tu venais juste d’arrêter les balades en bateau.
Après ta grave opération l’année dernière, beaucoup ont pensé que le combat serait trop difficile. Mais une fois encore, tu nous as surpris. Grâce à ta bonne étoile physique et à une force de caractère hors du commun, tu t'es relevé.
Et voilà pourquoi, peut-être, nous avons fini par croire que tu étais invincible.
Pas éternel, bien sûr. Mais invincible.
Cet été encore nous étions tous réunis autour de maman et toi, à Angoulins. 0n a fait des apéros, des pic-niques au bord de la mer avec tes petits et arrières petits-enfants, on a bien profité.
Tu as eu ce grand bonheur de connaître tes sept arrière-petits-enfants. Et ça aurait été tellement chouette que tu puisses connaitre ceux à venir.
Alors quand la maladie t'a emporté en quelques jours seulement, malgré tes 92 ans, on a tous été pris de court.
Parce qu'au fond de nous, on pensait qu'il nous restait encore du temps.
Encore quelques années pour écouter tes histoires.
Encore quelques années pour rire avec toi.
Encore quelques années ….
Tu laisses aujourd'hui un immense vide.
Mais tu laisses surtout beaucoup plus que cela.
Tu laisses une famille unie, des souvenirs innombrables, des valeurs de courage, de travail, de générosité et de joie de vivre.
Tes enfants, tes petits-enfants et tes arrière-petits-enfants raconteront à leur tour les aventures de ce papa, papy, arrière-grand-père hors du commun qu’ils pouvaient taquiner, avec lequel ils pouvaient jouer, chahuter, qui profitait de la vie.
Et certaines de tes histoires perpétueront ta mémoire encore et encore.
Si nous voulons te ressembler, alors nous devons rester forts, ne retenir que cette vie longue, riche et heureuse
Une vie entourée des tiens.
Maintenant, plus que des adieux, je veux te dire merci.
Merci pour tout ce que tu nous as donné, tout ce que tu nous as transmis.
Et merci pour l'exemple de courage et d'optimisme que tu nous as laissé jusqu'à ton dernier combat.
Bon vent Papa.
Nous savons que, là où tu es désormais, tu as déjà trouvé quelqu'un avec qui discuter, raconter une histoire, Vaï peut-être que tu aimais beaucoup, ou notre Lolo ton neveu, ou d’autres qui nous ont quittés beaucoup trop tôt à qui nous pensons très fort.
Je t’aime. Tu continueras à vivre dans mon cœur et dans mes souvenirs