Vous qui êtes présents ici pour rendre hommage à Germain savez à quel point il faisait preuve d’une grande gentillesse, toujours prêt à rendre service. Mais plutôt que de faire son éloge, je vais vous faire part pêle-mêle de points qui m’ont marqué au fil des quarante-cinq années durant lesquelles nous nous sommes connus.
Germain aimait travailler, ne restant jamais à ne rien faire. Il avait d’ailleurs entamé très tôt sa vie professionnelle, employé dès 14 ans comme cantonnier au service du comte du Luar. Germain a alors passé une année à sillonner les forêts et les routes autour du château des Forges. Son engagement dans le travail le mènera même au bord du gouffre alors que les déplacements dans différentes usines Citroën le conduiront à l’épuisement. Il s’en suivra un infarctus dont il s’était heureusement remis.
Germain aimait bricoler, habile dans tous les corps de métiers, entretenant la chaudière ou montant un mur de parpaings. Membre de l’association Les castors, il avait reconstruit lui-même la maison familiale mais là encore il ne put s’empêcher d’aller faire des travaux chez d’autres personnes. Isabelle et moi en savons quelque chose et il m’a beaucoup appris.
Germain aimait stocker. Pour ses travaux de bricolage, il remplissait son garage de chutes de planches, de restes de tuyaux, robinets et autres objets plus ou moins usagés. Mais finalement nous avons souvent fouillé dans ce stock pour en sortir des trésors bien cachés.
Germain aimait parler devant le portail avec ses voisins ou avec les badauds qui admiraient son jardin.
Germain aimait danser, faisant des bonds de cabri, même lorsqu’il dansait avec Monique. Il s’amusait autant qu’il amusait les autres. Il ne manquait pas une occasion de faire la fête avec Monique et leurs amis.
Germain aimait son banc sur la terrasse. Il y passait les soirées d’été assis à côté de Monique.
Germain aimait l’harmonica avec lequel il interprétait de grands tubes … comme « Le petit vin blanc » ou autres airs de valses musette.
Germain aimait le cidre mais pas n’importe lequel. Le cidre fermier qu’il faisait venir de Bretagne. Celui, dont la moitié du contenu se retrouvait au plafond de la salle à manger lorsqu’on ouvrait la bouteille.
Germain aimait tromper le garde forestier, coupant le moteur de sa mobylette lorsqu’il traversait la forêt et voyait le garde approcher pour le remettre en route sitôt celui-ci parti. Il faut avouer que cette astuce ne fonctionnait pas toujours.
Germain aimait jardiner. Son potager qu’il entretenait avec Monique était admiré de tous. Mais il trouvait également le temps de cultiver des parcelles chez des voisins. Il offrait des betteraves aux éboueurs qui l’avaient surnommé « Monsieur beterraba”, ce qui signifie monsieur betterave en portugais.
Germain aimait sa femme, ses enfants et petits-enfants. Monique me disait d’ailleurs après son décès qu’ils avaient eu une belle vie ensembles. Il adorait prendre ses petits enfants dans ses bras. « T’es mon copain papy » lui disait Yohann.
Germain aimait encore beaucoup d’autres choses mais en bref, il aimait la vie et celle-ci, ingrate, lui a volé ses dernières années, le plongeant dans l’obscurité.
Son esprit a maintenant retrouvé la lumière et devrait y rester tant que vous et moi penserons à lui.